Devenir maman en temps de pandémie

Être enceinte et accoucher en 2020-2021, vivre sa maternité confinée chez soi, composer avec les dangers liés à la COVID… quelle histoire!

Plusieurs femmes déjà mamans me plaignent d’être une nouvelle mère en ces temps difficiles. Elles me demandent comment je réussis à composer avec ma nouvelle réalité sans aucune aide de l’extérieur. Je leur réponds que, n’ayant pas vécu autre chose, je ne peux me plaindre d’une situation que je ne connais pas.

Peut être une image de 6 personnes, cheveux, bébé, personnes debout et vêtements d’extérieur

Oser demander

Par contre, j’ai beaucoup écouté les conseils qu’on m’a donnés… Comme ceux d’une fée acupunctrice @marienoellepoirier qui m’a encouragée à lire sur le 4e trimestre et à oser demander de l’aide à mes proches pour les 6 premières semaines post-accouchement. Pour me sentir épaulée, malgré la distance, puisque personne ne pouvait – ni ne peut encore aujourd’hui – entrer chez moi pour prendre bébé dans ses bras. À part le grand soutien de mon amoureux, pas d’aide de ménage, pas de relais pour faire une sieste ou prendre une douche, pas de possibilité que ma mère ou ma belle-mère puisse venir bercer Henri. J’avais donc demandé à 6 femmes de venir, à tour de rôle, chacune sa semaine, me porter quelques plats cuisinés. Car même si j’avais préalablement congelé plusieurs repas individuels pour mon chum et moi, ils ont vite été passés. L’aide de ces 6 femmes a fait un monde de différence…

Aussi, et contre toute attente, plusieurs mamans, amies, connaissances, clientes, voisines, m’ont donné bon nombre d’items de bébé et beaucoup de vêtements. J’ai découvert un réseau de solidarité à travers ce partage. Le mot d’ordre : donner au suivant. Lorsque les vêtements ne font plus, je fais de même et les passe à d’autres. Je me sens épaulée, et je tiens à épauler d’autres mamans. Et je peux fièrement dire que, jusqu’à maintenant, je n’ai acheté aucun morceau de linge (sauf un cache-couche auquel je n’ai pu résister). Tout est de seconde main, une réutilisation qui me tient à coeur.

Garder des liens

Zoom, FaceTime, Skype… J’étais vraiment sceptique, voire contre les échanges virtuels en début de pandémie. Je me voyais mal appeler ma mère régulièrement et avoir du plaisir à la faire jouer avec Henri via un écran. Au final, ces conversations se sont avérées une belle alternative. J’ai même l’impression de me rapprocher de ma famille. On s’attrape à toute heure du jour, de manière improvisée et sans flafla. Et je suis très heureuse que mes proches puissent voir bébé grandir au fil des semaines. Ça passe si vite!

Le hasard a par ailleurs fait qu’une amie d’enfance ait été en sabbatique durant les derniers mois. Nous avons reconnecté comme jamais! Chaque matin, dès que sa fille est à l’école et qu’Henri et moi sommes debout, je lui parle «live». On passe une partie de nos petits matins à trois, à papoter pendant que poupon s’amuse, boit son biberon, gazouille. On pleure, on rit, on se confie. Cette si précieuse amitié a rempli mes semaines et m’a probablement éloignée de la solitude du confinement et de l’hiver. Merci ma Ju d’être dans ma vie.

Trouver son rythme

La lecture a refait surface dans ma vie. J’avais perdu cette habitude. La télé, les séries et Netflix prennent vite le dessus quand on n’a pas d’enfant. Maintenant, chaque fois que j’endors mon fils, le jour et le soir, je prends un livre et je lis. Parfois tout haut, parfois en silence. Je lis pour me ressourcer, me divertir ou me renseigner sur les prochaines étapes du développement de bébé. Je m’accorde ce moment de détente, au lieu de tenter de maximiser mon temps pendant qu’il dort.

La maternité apporte de grands changements. On peut décider de vouloir vivre comme avant, ou presque, à un rythme fou, dans la performance, dans l’abattage de trop multiples tâches. Ou on peut aussi décider de ralentir. Ça m’a pris un peu de temps avant de choisir mon camp. Mais j’ai finalement choisi le second. Je me suis choisie, moi, avec mon bébé, dans cette vie nouvelle. J’apprends donc à célébrer les petits bonheurs de la journée, des choses aussi simples que de regarder Henri dormir, ou boire une tisane le soir.

À vous, nouvelles et futures mamans, je vous souhaite de trouver votre rythme à vous.

Julie Deslauriers

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